La première bataille de Normandie.

Juin 1940.

Henri Ramas

Progression des troupes allemandes en 1940

Cherbourg: juin 1940

Juin 1940.

 

Juin 1940 : la première bataille de Normandie, Cherbourg se rend.5 juin 1940 : Rommel fonce vers le Cotentin à la tête de son unité la 7eme panzer division surnommée la Gespenter Division, la "Division Fantôme".

Cette unité blindée dépendant de la IVeme armée blindée placée sous les ordres du général Hoth est insaisissable, imprévisible et se distingue par son audace et sa rapidité de manœuvre, d’où son surnom.

La "Division Fantôme" a enfoncé les lignes de la Xeme armée française à l’Aigle puis s’est ruée vers Flers où les Nord-Africains du 1er DLINA (Division d’Infanterie Légère Nord-Africaine) lui opposent une résistance farouche.

L’unité de Rommel subit de lourdes pertes. Furieuses, les troupes de Rommel font creuser leurs propres tombes aux fantassins prisonniers et les abattent sans pitié.

Le 5 juin 1940 Rommel est en Seine Maritime. Entre temps l’Etat-major français a ordonné de tenir sur une ligne Caen, Vire et Avranches pour fermer le Cotentin, protéger Cherbourg et permettre aux navires de guerre d’appareiller au plus vite vers l’Angleterre.

Le 13 juin la 154eme brigade de la 51eme division Highland débarque à Cherbourg pour assurer la défense du Cotentin et repousser l’ennemi.

Le 14 juin la 7eme Panzer division de Rommel a progressé de 260 km en une journée. Arrivé à St Lô le IVeme Corps du général Hoth se scinde en deux. Une partie part vers la Bretagne et l’autre - constitué de la 7eme Panzer Division et de la Brigade Senger- s’achemine vers Cherbourg où, le 15 juin, les premières évacuations de soldats britanniques et canadiens ont lieu.

Ordre est donné de tenir la ligne Carentan Portbail.

Le 17 juin, à 22h00, Rommel subit un accrochage sur la route de Barneville à Denneville. Trois véhicules de la 7eme Panzer sont détruits. Les allemands sont surpris par tant de résistance et sont contraints d’attendre la levée du jour pour reprendre le combat.Le 18 juin Rommel a atteint les environs de Carentan.Ce même jour, à 1 contre 10, aux côtés de 30 marins et disposant de deux canons dont un de 75mm, l’ingénieur du génie maritime Ramas reçoit l’ordre du vice-amiral Le Bigot, Préfet Maritime, de défendre St Sauveur de Pierreponts.

Les allemands veulent éviter le combat et tente de ruser avec Ramas en affirmant que la demande d’armistice est signée. En fait elle ne le sera que le 22 juin et n’entrera en vigueur que le 25. Ramas ne se laisse pas prendre au piège. Pour l’instant le mot d’ordre est de « résister sans esprit de recul ».

Des arbres sont abattus en travers des routes et un combat héroïque s’engage. Des fermiers viennent donner main forte en s’armant de fusils de chasse. Les allemands donnent l’assaut : le vieux canon de 75 est détruit et Ramas est tué ainsi que deux de ses hommes.D’autres combats auront lieu : au pont de Martinvast, à Montebourg, à la Haye du Puits, au carrefour d’Olondes où les troupes sénégalaises s’obstineront héroïquement appuyées par les britanniques de la Royal Artillery dont huit soldats trouveront la mort.

Depuis St Valery en Caux Rommel n’a pas rencontré de résistance. Le Cotentin, lui, résiste avec ténacité.

L’avance allemande est retardée de 10 heures ce qui permettra notamment aux 30 630 hommes de la 52eme Division d’Infanterie britannique et de la « Norman Force » de s’embarquer de Cherbourg et de rejoindre l’Angleterre. Ces derniers faisaient partie du contingent réembarqué au Havre et débarqué à Cherbourg.Mais Rommel a reçu l’ordre d’Hitler de s’emparer de ce port avant la signature de l’armistice.

Devant la pression allemande la défense de Cherbourg s’organise.Au large, dans la Baie de Carentan, croisent Le cuirassier Courbet accompagné du dragueur de mine Roule. Le premier a pour mission d’interdire le passage des colonnes blindées de Rommel.Pendant 4 heures le Courbet pilonnera sur les routes les troupes de Rommel avec ses canons de 305mm. 105 coups obligeront la colonne blindée à faire demi-tour et à emprunter des routes moins directes vers Cherbourg. Malgré une météo exceptionnelle les navires ne furent nullement inquiétés par la Luftwaffe.

Après cette action le Courbet gagnera Portsmouth en Angleterre où il sera réarmé par les britanniques.

Le 19 juin à 14h30 la ville de Cherbourg capitule.Le commandant Feuardent qui s’était distingué à Saint Pierre de Pierrepont en arrêtant les troupes de Rommel à la tête du 6eme Bataillon du 208eme Régiment comprenant également un détachement de troupes sénégalaises et 250 marsouins rend les armes.

L’ennemi en signe de respect lui laisse son épée.Rommel reçoit la réédition des mains du Préfet maritime le vice-amiral Le Bigot. Auparavant ce dernier a pris soin de commander la destruction des tous les sous-marins en cours de construction à l’arsenal et au fort de l’est. 30 000 hommes sont faits prisonniers dont l’amiral Abrial, commandant des forces navales du Nord.Sur l’acte de reddition le capitaine de vaisseau Perrot ajoutera ces lignes : « L’armée de Cherbourg ne s’est pas rendue, elle a cessé la résistance quand elle est devenue impossible ».Certains résisteront encore jusqu’au 20 juin.Et Rommel d’écrire quelques jours plus tard à sa femme, Lucie : « La division a mené l’attaque sur Cherbourg d’une seule traite, sur une distance de 350 km à 370 km, et s’est vite emparée de la puissante forteresse malgré une forte résistance. Il y a eu pour nous quelques mauvais moments à passer car l’ennemi a eu d’abord une nette supériorité en effectif (…) En pressant les choses nous avons réussi à exécuter l’ordre d’Hitler : prendre Cherbourg le plus vite possible ».Il va sans dire que la victoire était loin d’être acquise pour Rommel.Parmi les causes de la chute de Cherbourg nous pouvons considérer les pourparlers d’armistice entamés dès le 17 juin 1940 par le Maréchal Pétain qui achevèrent très certainement de miner le moral des troupes et hâtèrent la chute de la ville.Le 24 Juin 1940 la Division Fantôme de Rommel arrive à Bordeaux pour participer à un grand défilé en présence du général Hoth. C’est ce même 24 juin - alors que Rommel savoure sa victoire - que tous les hommes valides de l’île de Sein décident de rejoindre les Forces Françaises Libres du général De Gaulle pour poursuivre le combat.

 

Frédéric Besnier

pour Ouest France.

 

 

 

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