Pierre Devouassoud

Magloire Dorange

Pierre Devouassoud

Pierre Devouassoud

Les lieux du supplice: l'abbaye de Montebourg (Manche)

Les lieux du supplice sont plus ou moins bien indiqués par une petite pancarte "Stèle de la mémoire". Se garer sur le parking de l'abbaye qui est maintenant un centre de formation agricole, longer le cimetière des moines et prendre la direction des ateliers. Longer les ateliers et passer devant les stabulations. Au bout du chemin passer la barrière: le monument est entouré par une petite barrière qui demeure ouverte.

La visite de l'abbaye permet d'admirer les vitraux évoquant le martyre de Magloire Dorange et Pierre Devouassoud.

Localisation

Magloire Dorange

Pierre Devouassoud

Les quinze du Buhara

 

     Le drame du Buhara BM 401 12 février 1941. dans les environs de St Cast, 15 jeunes hommes[1] s’embarquent sur un cotre de St Malo de neufs tonnes nommé le « Buhara », afin de rejoindre le général de Gaulle à Londres.

     À l’initiative du projet, Magloire Dorange, 30 ans, le plus âgé de tous. L’équipage est constitué de Pierre Devouasoud (20 ans, pilote) , Maurice Queret, (16 ans), Victor Queret (frère de Maurice, 24 ans), Emile Aubry (élève-pilote, 22 ans), Pierre Blangy (élève-pilote, 19 ans), Emmanuel Chevallier (électricien automobile, 17 ans), Raymond Canvel (19 ans, élève-pilote), Robert Corto (21 ans, technicien aéronautique), Louis Delbruyère (19 ans, élève-pilote), Robert Laruelle[2] (19 ans), René Lebreton (24 ans, marin), Maurice Mathiot (20 ans, élève-pilote), Henri Menetray (19 ans, élève-pilote) et Auguste Zalewsky (19 ans, élève -pilote).

     Le navire – qui se trouve en mauvais état - a été acheté à St Cast par Pierre Devouassoud à un homme sans scrupule[3] grâce aux 40 000 francs que Mme Devouassoud lui a donnés dès qu’elle eut connaissance du projet initié par Magloire Dorange. Magloire Dorange était sergent-chef dans l’armée de l’air et dans le civil exerçait la profession de moniteur à l’aéro-club de St Brieuc.

     Mobilisé en 1939 et à défaut d’être versé dans l’aviation de chasse, il doit se contenter de demeurer instructeur à l’école de pilotage N° 25 à St Brieuc. A l’ouverture du conflit, l’école de pilotage N°25 se replie dans un premier temps à Pau puis en Afrique du Nord. Démobilisé à Istres le 26 septembre 1940, Dorange cherche par tous les moyens à répondre à l’Appel du Général de Gaulle et veut regagner Londres.

À cet effet, il recherche des soutiens et il contacte tous les anciens élèves qu’il a formés à l’école de pilotage.

     Parmi ces derniers : Pierre Devouassoud né le 9 février 1921.

Le 12 février 1941, dans la baie de la Fresnaye (Côtes d’Armor), les conditions semblent idéales pour mettre la voile vers l’Angleterre et les 16 hommes s’embarquent, de nuit, à bord du Buhara B. M. 401.

     Mais, en cours de traversée, la mer se forme et le bateau se trouve rapidement en difficulté : la grande drisse casse sous l’effet du vent et le gui tombe manquant d’assommer Auguste Zalevski.

     L’équipage ne dispose plus alors que du petit foc pour continuer la traversée.

   Le moteur est mis en route. Il tient bon. Le navire poursuit sa route sans encombre mais, alors qu’il passe à l’ouest de Guernesey, le moteur alimenté par une essence volée aux allemands et trop riche en octane tombe en panne.

     Ce revers plonge les passagers dans le plus grand désarroi.

     Il est 23h00 et le bateau immobilisé s’alourdit dangereusement car une voie d’eau s’est déclarée.

   Comble de malchance : la pompe à eau est également hors d’usage ainsi que la magnéto, noyée.

     Il ne reste plus aux seize hommes qu’à attendre l’arrivée d’un hypothétique secours car Londres a été informé de leur tentative mais ignore totalement la fortune de mer que les patriotes doivent affronter.

     Au petit jour, alors qu’ils dérivent à 50 Km de Guernesey, un navire en vue met le cap sur le « Buhara ».

     Et l’équipage de reprendre espoir.

  Hélas, c’est une vedette de la kriegsmarine –le Bernhardt von Tschirschky - qui, patrouillant dans les parages, a aperçu le cotre en perdition et vient l’arraisonner.

   Les quinze hommes vont alors user d’un stratagème en faisant croire aux marins allemands qu’ils pêchent des moules.

     Le subterfuge ne prendra pas: un soldat en inspectant le bateau découvre une carte où la route vers l’Angleterre est marquée.

    De plus, Dorange emporte toujours avec lui un petit cochon rose en guise de porte bonheur ;  cochon rose qui porte sur ses flancs une inscription où trône le nom d’Hitler.

    Le bateau est est pris en remorque jusqu’à Guernesey. Arrivé sur le quai, un soldat allemand traduit l’inscription écrite sur le cochon rose de Dorange. De rage, le cochon sera brisé sur la tête de Dorange.

    Les 16 hommes, prisonniers, sont acheminés à Cherbourg le soir même ils sont livrés à la Gestapo pour subir des interrogatoires dans l’enceinte de la prison maritime.

    Les quinze hommes sont alors soumis aux coups, à la torture.

    Le 3 ou le 5 mars ils seront transférés à la prison de Saint-Lô pour y être jugés.

    Le 18 février l’acte d’accusation est communiqué aux prisonniers.

    Il tient en deux points :

    1/ Quinze jeunes gens, tous de nationalité française, sont accusés d’avoir quitté en temps de guerre, le territoire occupé par les troupes allemandes et cela sur un bateau de pêche acheté par la communauté pour la somme de 40 000 francs.

    2/ D’avoir eu l’intention de se rendre en Angleterre afin d’y aider volontairement les forces rebelles du général de Gaulle et les armées britanniques ce qui considéré comme un crime envers le grand Reich.

    Les 19 et 20 février la cour martiale va siéger.

   Elle est composée de deux juges (Kriegsgerichstsrat WIRTH, Président. Capitaine von PASCALI Kreiskommandantur 741. Serg TRAUTMANN. Feldkommandantur 722), d’un avocat (Feldkriegsgerichtsrat Dr DIENER mais les récits mentionnent le nom de Rolls) et d’un greffier (Feldjustizinspektor WOLTE).

    La défense des 15 résistants est assurée par un officier allemand de la Wehrmacht et avocat dans le civil : le capitaine Rolls[4]. Alors que Victor Gueret lui demande quelle sera la durée de la peine de prison encourue, Rolls répondra « Hélas ! Il ne s’agira pas d’une peine de prison. »

    Avant le procès les jeunes hommes se préparent à mourir.

Rolls fera tout ce qui est en son pouvoir pour alléger les condamnations qui sont prononcées le 19 mars 1941 à 9h30.

    En effet, au bout de deux jours de procès il est décidé que :

    Jugement de guerre de la Feldskommandantur N° 722

« Les évadés voulaient toucher les autres primes promises par les anglais. « Qu’ils n’ignoraient pourtant pas que la RAF n’engageait plus les aviateurs ayant signé leur engagement avant le 10 mai 1940 car on les considérait comme des lâches.

« Que le sergent Dorange a avoué qu’il était le promoteur de l’évasion.

« Que les onze premiers accusés reconnaissent qu’ils quittaient la France afin d’entrer dans la RAF.

« La condamnation est prononcée pour le motif suivant : « Partis d’un pays étranger occupé par les troupes allemandes, par une action réfléchie et voulue, pendant une guerre contre le Reich, afin d’aider la puissance ennemie, Condamnés pour haute trahison –aide à l’ennemi – d’après les articles 4 etc. car les engagements dans l’armée anglaise sont punissables de par les lois françaises.

    En outre l’action des accusés était dirigée contre les troupes allemandes. »

    Toutefois, Rolls – qui à l’issue du verdict a de nouveau la parole - à force de persuasion réussira à sauver la vie de 13 hommes[5] : ceux qui n’étaient pas aviateurs. Ils sont condamnés à la prison à perpétuité (en fait à la déportation) sauf pour le plus jeune –Maurice Gueret - qui sera condamné à sept ans et demi d’emprisonnement.

    Ce dernier à l’énoncé de la sentence demandera à être également condamné à mort avec Dorange et Magloire.

    Il semblerait que la garde en ayant entendu les paroles de Maurice se soit mise au garde à vous.

    Dorange et Magloire, qui accueillirent la sentence avec un calme extraordinaire sont condamnés à mort.

    Et Victor Gueret d’écrire dans un témoignage[6] : « Seule la pensée que deux de nos chers camarades allaient payer de leur vie, le fait d’avoir aimé la France et d’avoir accompli leur devoir dans toute la force du terme, nous fit frissonner. À l’étonnement de la cour et de la garde nul d’entre nous ne broncha, crânement, à la française et le sourire aux lèvres, nous acceptâmes la sentence. Pierre et Jean-Magloire se sont alors préparés à la mort avec piété et une grandeur d’âme que ma plume ne saurait décrire. »

    Le capitaine Rolls initia une démarche auprès du Haut Commandement allemand à Paris pour obtenir la grâce de Dorange et Magloire.

En vain. Une fois la sentence connue, Magloire et Dorange font parvenir une lettre à leurs frères d’armes : « Chers amis et frères, demain peut-être à l’aube vers 5 heures, on nous préviendra que notre recours en grâce a été refusé et une demi-heure après nous ne serons plus de ce monde. Nous tomberons sous les balles allemandes, la main dans la main, en criant... Vive la France et vive l’Angleterre ! Vous, comme nous, avez commis le crime d’aimer la terre française, alors payons sans regret le tribut de notre patriotisme. Et vous, chers compagnons d’espérance et de malheur, pensez souvent à nous et soyez toujours dignes. Priez également pour la France chérie et dites partout la vérité. Adieu’’.

    À ses parents, de St Lô, Pierre Devouassoud fait parvenir cette dernière lettre :

« Mes très chers parents, Je vous écris cette dernière lettre qui vous sera remise certainement par le Capitaine. Cet officier allemand a été notre défenseur devant la cour martiale, c'est un homme d'honneur à qui nous devons beaucoup ; il a tout fait pour nous sauver, mais hélas les lois sont inexorables. Je lui dois une grande reconnaissance, aussi je vous demande de le recevoir comme un ami sincère, un des rares qui pouvait nous comprendre Dorange et moi. C'est lui qui vous remettra l'insigne qui a guidé ma vie et pour lequel j'ai tout sacrifié : mon macaron de pilote. Rappelez-vous toujours la devise qui m'accompagne "Les ailes nous portent, l'étoile nous guide, la couronne nous attend". Vous épinglerez cet insigne avec celui de l'école de Saint-Brieuc (où j'ai connu Dorange) sur un petit coussin et vus le mettrez près de nos deux photos. Je tiens à vous affirmer que personne ne m'a poussé à partir. Je suis seul responsable de mon acte. L'argent n'a jamais été mon but, si je suis parti, c'est pour la France et l'aviation. J'estime que j'ai très bien agi et je ne regrette rien. Les conséquences sont évidemment terribles, mais n'oublions pas que "Mourir pour la patrie est le sort le plus beau, le plus digne d'envie". Je ne cache pas que j'aurais préféré une mort plus anonyme en combat aérien, mais que voulez-vous, on ne commande pas les évènements. Le soir du jugement, je n'ai plus pensé qu'à vous, mes chers parents et j'ai pleuré. Je me suis rappelé tous les sacrifices que vous avez consentis pour m'élever, pour me donner de l'instruction, pour me gâter comme vous l'avez fait. Toi mon Cher Papa qui a été soldat de cette terrible guerre 1914-1918, je suis sûr que tu comprendras tout de suite mes raisons de mon départ. Tu sauras dire à tous que je ne suis pas un lâche, tu pourras être fier de ton fils. Quant à toi, ma Chère Maman, je pense à ta douleur lorsque tu apprendras le sort qui m'a été réservé. Ce sera une épreuve terrible, mais rappelle-toi tous ceux qui sont morts à la guerre et dis-toi bien que je ne suis qu'une petite victime de cette grande calamité. Ce que j'ai fait, j'estime que c'était mon devoir, aussi je ne regrette rien et je suis sûr que tu ne peux pas m'en vouloir "Mourir en soldat c'est une belle fin". Mes chers parents, votre fils qui vous a beaucoup aimé, vous dit Adieu et meurt en criant "Vive la France". Pierre P.S. : ne pouvant pas écrire plusieurs lettres, je vous demande de faire savoir mon sort à tous nos parents et amis ."

Le 11 avril 1941 Magloire Dorange et Pierre Devouassoud sont extraits à 16h00 de leurs cellules et reçoivent la communion des mains de M. le chanoine de Chivré[7] – archi prêtre de l’église Notre-Dame – puis sont emmenés à l’abbaye de Montebourg par la rue St Jacques et la rue Verglais.

    A Montebourg les allemands ont installé un champ de tir. Les deux hommes passeront leur dernière nuit enfermés dans le pigeonnier.

  La veille de leur exécution Magloire Dorange et Pierre Devouassoud ont réussi à transmettre –grâce à la complaisance d’un gardien - un message écrit à leurs amis :

« Chers amis et frères, demain nous ne serons plus de ce monde ci. Nous tomberons sous les balles allemandes, la main dans la main en criant " Vive la France! Vive de Gaulle! ". Vous comme nous avez commis le crime de trop aimer la terre française, alors nous payerons sans nul regret le tribut de notre patriotisme. En souvenir de nous, partagez-vous nos affaires personnelles. Chers compagnons d'espérance et de malheur, pensez souvent à nous et soyez toujours dignes. Priez également pour la France chérie comme pour nous et n'omettez pas de dire partout la vérité. À plus tard dans l'éternité." Pierrot et Jean. Magloire Dorange et Pierre Devouassoud seront fusillés à l’aube, le samedi saint, les yeux non bandés. Ils seront abattus en se tenant la main et en criant : « Vive la France. Vive l’Angleterre ! »

    Leurs corps seront dans un premier temps inhumés à Ozeville. Ensuite, leurs dépouilles seront transférées au cimetière d’Orglandes où elles demeurent aujourd’hui. Sur leur tombeau une citation de Guynemer a été gravée : « on a rien donné quand on a pas tout donné. »

    Les autres hommes reviendront tous de déportation à l’exception de Raymond Canvel qui mourra le 16 août 1944 à Luttringhausen et d’Auguste Zalevsky qui décèdera également à Luttringhausen le 19 avril 1944.

 

     Madame Devouassoud sera également arrêtée pour avoir fourni une aide financière au groupe de résistants.

     Ayant écrit une lettre afin d’obtenir sa libération de son fils Madame Devouassaoud ne sait pas qu’elle sera trahi par celui a qui elle a confié la missive.

   Ce dernier s’empressera en effet de la communiquer à la gestapo. Emprisonnée successivement à la prison du Cherche-Midi à Paris, à Caen, à Troyes puis à Saint Lô elle sera déportée à Lubeck.

    Durant tout ce temps M. Devouassoud lui cacha ll’exécution de Pierre et Madame Devouassoud, pendant  toute sa détention, tricotera des écharpes à son fils…

Elle rencontrera également à la prison de Saint Lô Emilienne Soulard[8] qui s’était occupée auparavant de Robert Laruelle[9], malade, lors de son arrivé à la prison de Saint Lô.

      C’est elle que les gardiens de la prison avaient désignée pour allumer le poêle présent dans la cellule de Robert.

Madame Devouassoud décèdera le 5 mars 1986 à Valognes. Le service religieux se déroulera à l’abbaye de Montebourg, là même où son fils, 45 années plus tôt, était abattu. Elle fut décoré de la Croix de la Légion d'Honneur.

 

    Plusieurs lieux de mémoire sont dédiés aux résistants du Buhara:

 

1. Dans l’abbaye de Montebourg sur les lieux de l’exécution.

2. À Saint Caast le Guildo, sur le port.

3. Sur le port de Nieux à Tiercelin dans la Baie de la Fresnaye là où les hommes s’embarquèrent.

 

Texte: Frédéric Besnier. Tous droits réservés. Société des auteurs.

 

Notes:

 

[1] Un homme manquera l ‘embarquement en arrivant en retard : Maurice Boissinot. Il sera toutefois recherché par les allemands et arrêté au Croisic. Depuis 1941, Maurice Boissinot est un membre du réseau de résistants nommé « vengeance ». Jugé à St-Lô en août 1941 il est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Il quitte la France de la gare de l’Est pour l’Allemagne (Karlsruhe, Rheinbach, Diez-sur-Lahn). Il survivra aux camps de la mort et rentrera en France en Avril 1945.

[2] Lors du transfert de Cherbourg à la prison de St Lô, Robert Laruelle, malade, est placé dans une cellule chauffée. Il y rencontre une avranchinaise emprisonnée : Emilienne Soulard. C’est Emilienne qui est chargée d’apporter dans la cellule de Robert le charbon et d’y allumer le poêle. Cette dernière sera également co-détenue avec Mme Devouassoud qui, dénoncée, sera emprisonnée dès le lendemain de l’arrestation de son fils à Saint Lô. Déportée, elle survivra à l’enfer des camps de la mort.

[3] Le vendeur du bateau sera par la suite arrêté et jugé sous le chef d’inculpation suivant : « complicité d’aide à une nation en guerre contre l’Allemagne. » Il sera condamné à 3 années de travaux forcés. Il est envoyé à Claivaux puis de là il est déporté le 17 mai 1943 à Bernau puis à Landsberg où il sera libéré à la fin de sa peine le 24 mars 1944.

[4] Il dira ces hommes qu’il doit défendre : « Ayez confiance en moi, mon devoir est de faire l’impossible pour sauver des jeunes tels que vous, vous êtes des conducteurs d’hommes, tant de bravoure et de patriotisme ne doivent pas mourir car la France et le Monde ont besoin d’hommes tels que vous. »

[5] Il fera valoir le fait qu’aucun crime n’a été commis contre l’Allemagne et que ces prisonniers - dotés d’un grand courage - étaient animés par l’amour de leur patrie.

[6] Ce texte fut remis à la fille du gardien-chef de la prison de Saint-Lô : Odette Panier. Celle-ci transmit le document à Marcel Daguts qui le reproduisit. Odette le distribua par la suite à Saint-Lô. Elle fut arrêtée pour cela et passa plusieurs mois en prison.

[7] Il déclara par la suite : « mon émotion fut grande en donnant l’hostie dans d’aussi tragiques conditions. Jamais je n’oublierai ce ministère et, tous les jours, au moment de la messe, le souvenir de ces deux braves jeunes gens me sera présent jusqu’à ma mort à moi-même. »

[8] Emillienne Soulard, Avranchinaise, était emprisonné pour avoir sectionné des câbles téléphoniques. Un de ses voisins –M. Couetil – est soupçonné. Afin que ce dernier ne soit pas inquiété, elle écrivit une lettre à la kommandantur pour informer les autorités allemandes que les actes de sabotage avaient été causés par une femme mais que celle-ci était partie à l’étranger. Le 14 février 1941, Emilienne Soulard est arrêtée. Un policier français mis la main chez elle sur des papiers qu’elle était en train de brûler. Elle fut alors emprisonnée à Saint Lô. En son absence, les fils téléphoniques continuèrent à être coupés, certainement pour disculper Emilienne… Emilienne refusa de travailler en prison. Par représailles, elle fut déportée à Ravensbrück. Mais, en cours de route un bombardement obligea le convoi à se diriger vers Darmstadt. En Avril 1945, Emilienne Soulard fut libérée par les troupes américaines. Alors qu’elle invitée à une réception à Avranches en l’honneur des déportés elle est agressée, giflée deux fois et traitée de boche. Emilienne réponds en rendant les coups reçus et écoped’une amende de 50 francs ! Après quatre années passées en déportation, Emilienne et Robert se retrouvèrent et ne se quittèrent plus.

[9] Robert Laruelle emprisonné à Dusseldorf fut placé à la Libération dans une situation délicate. Il dû réclamer lui-même aux américains d’être libéré ! Pour que cela soit possible le directeur de la prison dut lui accorder une permission !

 

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